{"id":1785,"date":"2023-08-24T15:21:41","date_gmt":"2023-08-24T13:21:41","guid":{"rendered":"https:\/\/kommet.fr\/?p=1785"},"modified":"2023-08-24T15:29:23","modified_gmt":"2023-08-24T13:29:23","slug":"blanche-et-louise-lafarge-nos-corps-encodes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kommet.fr\/index.php\/2023\/08\/24\/blanche-et-louise-lafarge-nos-corps-encodes\/","title":{"rendered":"Blanche et Louise Lafarge &#8211; NOS CORPS ENCOD\u00c9S"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Double exposition NOS CORPS ENCOD\u00c9S de Blanche et Louise Lafarge - KOMMET - Galerie Tator\" width=\"525\" height=\"295\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/-kS1_488dYc?start=320&#038;feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-green-cyan-color has-text-color\"><strong>NOS CORPS ENCOD\u00c9S<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Du 12 mai au 13 juillet 2023, la double exposition <em>Nos corps encod\u00e9s<\/em> se d\u00e9ploie \u00e0 KOMMET, puis avec un temps de latence, \u00e0 la Galerie Tator du 8 juin au 26 juillet 2023. Ce parcours peut \u00eatre envisag\u00e9 comme une exp\u00e9rience de l\u2019ubiquit\u00e9 o\u00f9 les visiteurs sont invit\u00e9s \u00e0 naviguer d\u2019un lieu \u00e0 l\u2019autre, entre r\u00e9alit\u00e9 et virtualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, les artistes et s\u0153urs jumelles Blanche et Louise Lafarge m\u00e8nent une r\u00e9flexion globale sur la repr\u00e9sentation des avatars ainsi que des corps incarn\u00e9s dans les espaces num\u00e9riques.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans grande surprise, les st\u00e9r\u00e9otypes provenant du monde hors ligne sont tout autant perceptibles dans le monde virtuel. Le corps est physiquement absent mais reste en revanche sujet \u00e0 des faits de cyber harc\u00e8lement en ligne. Le site <em>4Chan<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 2003, est un parfait exemple de ses possibles d\u00e9rives. Sorte de forum g\u00e9ant, les utilisateur.rices peuvent y partager des images ou des messages de mani\u00e8re totalement anonyme. Tr\u00e8s rapidement, <em>4Chan<\/em> fa\u00e7onne une certaine culture sur internet, d\u00e9mocratisant notamment les <em>m\u00e8mes<\/em>. En 2007, certains de ces utilisateurs y inscrivent des pr\u00e9tendues lois alors appel\u00e9es \u00ab&nbsp;R\u00e8gles d\u2019internet&nbsp;\u00bb. Parmi celles-ci, la r\u00e8gle N\u00b0 30 \u00e9nonce : \u00ab&nbsp;Il n\u2019y a pas de femmes sur internet.&nbsp;\u00bb. Cela signifie, de mani\u00e8re ironique, que le web est domin\u00e9 et d\u00e9fini par des internautes masculins et par une population de <em>trolls<\/em> pouvant se faire passer pour des femmes. Ce slogan sexiste implique \u00e9galement que l\u2019anonymat emp\u00eache tout \u00ab&nbsp;privil\u00e8ge f\u00e9minin&nbsp;\u00bb qui serait alors per\u00e7u comme un avantage social.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cyber espace offre n\u00e9anmoins des possibilit\u00e9s plus optimistes comme celle de pouvoir emprunter, manifester ou affirmer son identit\u00e9, tout cela sans aucune cons\u00e9quence sur notre vie sociale. La virtualit\u00e9 devient le lieu de tous les possibles, sorte d\u2019espace de transit utopique situ\u00e9 entre la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction. L\u2019avatar, qui peut surgir au-del\u00e0 de l\u2019anonymat, permet donc de repousser les fronti\u00e8res du genre et, par la m\u00eame, de briser la binarit\u00e9 de genre.<\/p>\n\n\n\n<p>Legacy Russell, curatrice et autrice am\u00e9ricaine, propose avec le concept <em>glitch feminism<\/em> d\u2019abandonner la dichotomie virtuel-r\u00e9el et de penser le web comme un nouvel espace propice \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de genre se situant en dehors des normes sociales, laissant ainsi de la place au <em>queer. <\/em>Le glitch serait donc finalement le moyen de faire bugger ces normes pour valoriser les corps diff\u00e9rents.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9r\u00e9es \u00e0 partir de scans 3D qui glitchent, les visiteurs d\u00e9couvrent \u00e0 KOMMET d\u2019\u00e9tranges sculptures d\u00e9liquescentes. On assiste ici \u00e0 la transposition de formes issues du film <em>Au seuil du bord, je glisse<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 en parall\u00e8le \u00e0 la Galerie Tator. Ces formes noires et visqueuses nous entrainent dans une r\u00e9alit\u00e9 mouvante qui tend \u00e0 muter et \u00e0 s\u2019\u00e9chapper vers un ailleurs num\u00e9rique. En y regardant de plus pr\u00e8s, on devine la pr\u00e9sence de morceaux de corps inertes. L\u2019aspect glossy et monstrueux de ces amas de formes indescriptibles provoquent une fascination o\u00f9 se joue la dualit\u00e9 attraction-r\u00e9pulsion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette double exposition, les artistes associent diff\u00e9rentes techniques&nbsp;leur permettant d\u2019interroger la mani\u00e8re dont les corps sont repr\u00e9sent\u00e9s et affect\u00e9s dans les espaces num\u00e9riques : sculpture, scan 3D, s\u00e9rigraphie, vid\u00e9o, son, hologramme ou encore s\u00e9rigraphie. Les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 KOMMET et \u00e0 la Galerie Tator d\u00e9livrent autant de questionnements sur le genre que sur ses modes de repr\u00e9sentations. Les artistes Blanche et Louise Lafarge ambitionnent pour le futur un cyber espace plus ouvert et inclusif, o\u00f9 chaque individu pourrait s&#8217;exprimer librement sans craindre d\u2019\u00eatre jug\u00e9 ou discrimin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>\u00c9milie d\u2019Ornano<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>_<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9e en 1994, <strong>Blanche Lafarge<\/strong>&nbsp;vit et travaille \u00e0 Saint-\u00c9tienne. Elle est dipl\u00f4m\u00e9e de la Haute&nbsp;\u00c9cole d&#8217;Art et Design de Gen\u00e8ve&nbsp;en 2018. Elle travaille seule ou en duo avec Louise Lafarge. Son travail a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Factatory (Lyon), les Ateliers M\u00e9dicis (Clichy), L&#8217;Angle (La-Roche-sur-Foron), la galerie Passerelle (Paris), au Ch\u00e2teau de Villeurans&nbsp;(Morges) ou encore aux Ateliers Saegher (Bruxelles).&nbsp;Ses films ont \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9s dans de nombreux festivals (les&nbsp;Instants Vid\u00e9os Num\u00e9riques et Po\u00e9tiques (Marseille), Dissident festival (Marseille), Fesses-tival (Gen\u00e8ve), Design Days (Gen\u00e8ve), etc.).<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9e en 1994, <strong>Louise Lafarge<\/strong> vit et travaille \u00e0 Toulouse.\u00a0Elle est dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019\u00c9cole Nationale Sup\u00e9rieure d\u2019Art de Bourges (DNAP) en 2017 et de la Haute\u00a0\u00c9cole d&#8217;Art et Design de Gen\u00e8ve\u00a0(DNSEP) en 2019.\u00a0Elle travaille seule, en duo avec Blanche Lafarge ou au sein du collectif TOTAL (2017-2020). Elle effectue plusieurs r\u00e9sidences en duo avec Blanche Lafarge \u00e0 la Factatory (Lyon), aux Ateliers M\u00e9dicis\u00a0(Clichy)\u00a0et au Labo NRV (Lyon). Son travail a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0\u00a0la Factatory (Lyon), L&#8217;Angle (La-Roche-sur-Foron), aux Ateliers Saegher (Bruxelles), l\u2019Arsenic, aux\u00a0ateliers de Bellevaux (Lausanne), Vinaigre Festival (Vevey) ainsi qu&#8217;au Th\u00e9\u00e2tre Saint Gervais (Gen\u00e8ve).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img src=\"https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-1024x684.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1790\" width=\"700\" srcset=\"https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-1024x684.jpg 1024w, https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-300x200.jpg 300w, https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-768x513.jpg 768w, https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-1536x1026.jpg 1536w, https:\/\/kommet.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/DSC08459-copie-2048x1368.jpg 2048w\" sizes=\"(max-width: 706px) 89vw, (max-width: 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